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Zoom sur L’Or de la nuit

 

 

Zoom sur L’Or de la nuit d’Irène Frain

 

Comment les contes des Mille et une nuit sont-ils parvenus jusqu’à nous ?

 

Vous connaissez tous Irène Frain, professeur de lettres classiques, romancière, journaliste. C’est la romancière qui nous intéresse ici. Elle avait déjà écrit mais sa popularité devint fulgurante avec Le Nabab en 1982. Vous l’avez compris, l’auteure est passionnée par l’Orient et elle a écrit de nombreux romans et des biographies sur ce sujet. On peut citer Dévi, La Forêt des 29, en exemples. Un autre sujet de prédilection concerne la condition féminine et elle écrit sur Simone de Beauvoir ou Marie Curie. D’autres œuvres sont plus personnelles et nous entraînent dans sa Bretagne natale.

C’est pourquoi nous pouvons être surpris par cet Or de la nuit qui, avec ses étoiles pouvait une fois de plus nous emmener vers l’Orient. C’est le cas, bien sûr, puisqu’il est question de Shéhérazade et des Mille et une nuits. Oui, mais pas de la manière dont on peut le penser. L’auteure s’intéresse au découvreur, donc à l’inventeur et au traducteur des Mille et une nuits, Antoine Galland. Il a réellement existé, au XVIIIe siècle, sous Louis XIV. Et si nous connaissons les contes, nous ignorons tout de cet homme. Il était orientaliste, spécialiste de l’arabe et des monnaies anciennes et vivait à Caen chez l’intendant Foucault pour lequel il voyage beaucoup pour lui constituer ses collections. Il découvre alors un manuscrit qu’il traduit et la parution du 1er volume a lieu en 1704. D’autres suivront, mais toute une partie a été perdue et on lui réclame la suite. C’est un originaire d’Alep qui, oralement lui racontera de nouveaux contes et ceci jusqu’en 1717. Évidemment, c’est l’œuvre de A. Galland. Il a traduit en y mettant aussi son imagination, en édulcorant pour ne pas choquer. Cet homme, habitué des bibliothèques et de la Bibliothèque royale, antiquaire du roi, académicien, lecteur au Collège royal et chargé de mission en Orient (on sait tout cela grâce à son journal), est resté d’une modestie et humilité totales et il n’a jamais su le retentissement de son œuvre partout dans le monde et toujours 300 ans plus tard.

Irène Frain a joué avec tout cela en inventant des personnages, mêlant réalité et fiction comme elle sait le faire. Elle nous raconte aussi le Versailles et le Paris de l’époque, les trahisons, les intrigues, la pauvreté, le froid terrible de l’hiver, la guerre et cependant le rêve de l’Orient. C’est parfaitement documenté et Irène Frain nous entraîne tambour battant dans cette histoire. Elle va, vient, repart et revient avec la légèreté et fluidité que nous lui connaissons. Une jolie découverte de plus !