Zoom sur Le Mans la cathédrale des Plantagenêts
Une BD incontournable !
Parlons des auteurs d’abord. Le scénariste est Pascal Mariette. Il est ancien technicien des Bâtiments de France et a la passion du patrimoine. Il continue de valoriser son département, la Sarthe. Le dessinateur est connu sous le nom de Denoël. Il est diplômé de l’école de l’image des Gobelins. Précédemment, il a réalisé les dessins de la BD Chartres, Histoire d’une Cathédrale, pour rester dans le même thème mais avec un autre scénariste.
Le narrateur se nomme Jacques, comme Jacques Gouin, ce comédien qui, pendant 20 ans, a fait vivre « Les Mystères de la Cathédrale ». Jacques a le pouvoir de traverser le temps et d’être présent à toutes les époques. Il va donc nous raconter l’épopée de la Cathédrale Saint-Julien du Mans, à travers sa construction et son histoire. Elle domine la vieille ville depuis 950 ans. C’est très riche et cela commence au XIIe siècle, en 1128. Jacques veut devenir tailleur de pierres et il arrive au Mans pour faire son apprentissage. Il entre par l’enceinte gallo-romaine, toujours existante, construite entre la fin du IIIe siècle et le début du IVe. C’est alors le mariage de Geoffroy, comte d’Anjou, du Maine et de Touraine, avec Mathilde, fille d’Henri 1er d’Angleterre et petite-fille de Guillaume le Conquérant. Là commence vraiment l’histoire des Plantagenêts et des rapports avec l’Angleterre. Pourquoi ce nom des Plantagenêts ? Parce que les comtes avaient l’habitude de mettre un brin de genêt à leur chapeau ! La cathédrale fut construite sous le règne de trois générations de Plantagenêts : le comte Geoffroy, donc, Henri II qui devint aussi roi d’Angleterre et son épouse Aliénor d’Aquitaine et ensuite la Reine Bérengère qui fut l’épouse de Richard Cœur de Lion. Vous pouvez donc constater l’importance de la région à l’époque.
Il est impossible de tout dire dans cette chronique, si ce n’est que vous verrez le travail des artisans, leur passion, leur courage et le rapport que nous pouvons faire avec la reconstruction de Notre-Dame de Paris, récemment. Vous visiterez la longue nef romane, le chœur gothique, la chapelle des 47 anges musiciens que vous admirerez en levant la tête. Vous verrez encore le célèbre émail des Plantagenêts et les splendides vitraux qui apportent toujours lumière et couleurs à la cathédrale. Vous ferez un petit tour par l’Abbaye royale de L’Épau que fit construire la Reine Bérengère. Et n’oublions pas le chevet que Pascal Mariette considère comme « le chevet le plus impressionnant de l’Occident avec ses arcs-boutants (contreforts construits en Y) qui permettent de placer des vitraux entre chaque chapelle ». Splendide !
Félicitations à Pascal Mariette qui s’est énormément documenté et qui en plus a créé, à la fin, un cahier pédagogique qui apporte des renseignements supplémentaires. Quant aux dessins réalisés entièrement à la main, ils sont impressionnants par leur précision et leur beauté. À la fois classiques et modernes. Que dire de plus ? Que je ne suis pas une spécialiste de la BD mais qu’ici j’ai été enthousiasmée, éblouie et j’espère que vous l’avez ressenti. Alors, lisez, admirez, et, si ce n’est déjà fait, venez visiter la cathédrale Saint-Julien du Mans !