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Zoom sur "Par où entre la lumière" de Joyce Maynard

Comment saisir le bonheur quand il paraît invisible ?

Joyce Maynard est une journaliste américaine qui collabore avec de nombreux journaux et avec des radios. Mais pour nous, elle est surtout une écrivaine qui aujourd’hui nous présente son 13e roman. Elle écrit aussi des essais. Parlons seulement de ses dernières œuvres. En 2023 est paru en France l’extraordinaire Hôtel des oiseaux. A lire absolument si vous ne l’avez pas fait encore. C’est foisonnant de couleurs et de grâce. En 2021 fut publié Où vivaient les gens heureux qui obtint le Grand prix de Littérature américaine 2021 et celui de l’héroïne Madame Figaro 2022. On y rencontre une jeune artiste américaine, Eleanor, qui a vécu un passé difficile, mais qui, maintenant installée dans le New Hampshire, mène une vie comblée avec un mari et 3 enfants. Est-ce si facile que cela en a l’air ? Vous devez vous demander pourquoi le besoin s’est fait sentir d’évoquer plus longuement ce roman. Et bien, tout simplement, parce que celui d’aujourd’hui Par où entre la lumière en est la suite. Ne vous inquiétez pas, il peut parfaitement être lu indépendamment du précédent, l’auteure faisant souvent des références très claires au passé.

Donc nous retrouvons Eleanor 25 ans plus tard. On est en 2010 et elle a 57 ans. Après l’accident survenu à son 3e enfant, Toby, et qui lui a laissé des lésions cérébrales irréversibles, la famille a explosé et Eleanor a quitté la ferme du New Hampshire pour habiter pas très loin, près de Boston. Les enfants se sont dispersés et les problèmes se sont accumulés. Seul Toby est resté à la ferme avec son père, et même s’il restera incapable de faire beaucoup de choses, il a développé d’autres qualités. Il s’occupe d’un élevage de chèvres pour faire du fromage qu’il vend et il se débrouille très bien.

L’ex-mari d’Eleanor et père de Toby est atteint d’un cancer et elle revient, la dernière année pour s’occuper de lui et l’accompagner jusqu’au bout. Elle restera ensuite pour ne pas laisser son fils tout seul. Quelquefois elle partira 2 ou 3 jours dans son appartement près de Boston, pour s’occuper de ses romans graphiques, de ses dessins, mais reviendra très vite. Vous l’avez compris, Eleanor s’occupe beaucoup des autres, outre sa famille d’ailleurs. Elle donne, mais que reçoit-elle ? Sa fille par exemple ne lui parle plus depuis des années et elle ne sait pas pourquoi. Et l’amour ? Rencontrer un homme quelques rares fois pendant des années, un homme qui ne s’intéresse à elle que comme objet sexuel. Non, elle ne veut plus. Mais pourquoi pleurer toujours sur ce qui est perdu ? Il faut voir ce qui demeure. Toby l’a compris. « Il est devenu un homme magnifique, brisé, parfait… juste bon ». Toute cette belle histoire n’empêche pas Joyce Maynard de suivre l’actualité de la société américaine et de donner son opinion sur la gouvernance de Donald Trump, par exemple.

Un roman riche, avec des drames, des peurs et des joies. La vie presque ordinaire de bien des gens. Et Toby, bien sûr c’est par lui qu’entre la lumière. Beaucoup de grâce et d’humanité !