Les frissons dans le froid, la neige et la peur
Viveca Sten. Vous la connaissez. Elle est la reine du thriller scandinave. Elle est suédoise, de Stockholm et elle est devenue célèbre pour ses séries. Citons les volumes de « Meurtres à Sandham », adaptés pour la télévision et que nous pouvons voir sur Arte. Citons aussi « Meurtres à Are », adaptés sur Netflix, cette fois-ci.
Nous sommes avec le 4e volume des Meurtres à Are. Le décor est naturel puisque Are est une station de sports d’hiver existante et très réputée en Suède. Les paysages y sont splendides, les pistes de ski superbes, les montagnes, un véritable écrin, les lacs, gelés en hiver et le froid, glacial… -20° ne sont pas rares, voire -25° !
Tout est réuni pour une bonne semaine de ski et de détente. Six jeunes étudiants quasiment tous de la même université, 2 filles et 4 garçons, prennent le train pour Are où ils vont séjourner dans la luxueuse villa des parents richissimes de l’un d’entre eux, Wille, et le premier problème est là. Ils ne sont pas tous du même niveau social et Wille joue de son pouvoir sur les autres. Olivia et Fanny, les deux filles, sont amies depuis très longtemps mais Fanny, très discrète, ne sait pas ce qu’elle fait là. Cependant, elle aimerait bien qu’Amir la regarde davantage car elle est secrètement amoureuse de lui. Pontus est un grossier personnage et Emil semble être le plus sage. Déjà, dans le train, ils ont beaucoup bu, sauf Fanny, et lors du dîner, Fanny fait comme tout le monde : elle s’énivre et accepte même de la cocaïne. Voilà le deuxième problème : l’alcool et la drogue chez les jeunes pour passer une « bonne soirée ». Viveca Sten s’est beaucoup documentée sur le sujet et emploie même le vocabulaire à la mode. Fanny, n’ayant pas l’habitude est totalement désinhibée et devient provocante avec les voisins qui se plaignent du bruit. Que se passe-t-il exactement ? Au matin, Fanny est découverte presque nue et morte dans la neige, dans le jardin de la propriété. On n’en sait pas plus. L’auteure écrit des chapitres courts, passant de l’un à l’autre des personnages, ce qui a pour but de tenir en haleine.
En même temps, nous suivons les policiers habituels : l’équipe que forment Hanna Ahlander et Daniel Lindskog, sans oublier leur collègue Anton. Ce qui est intéressant, c’est qu’ils ne sont pas seulement des policiers mais aussi des êtres humains, avec leurs problèmes, leurs secrets, leur vie que nous partageons. L’enquête est difficile, ils n’ont rien à se mettre sous la dent. Les rebondissements sont multiples, un incendie demeure inexplicable. Tout va finir par s’effondrer comme un château de cartes et sans doute serez-vous surpris par une fin que vous n’attendrez pas. Les frissons, vous les aurez, avec une bonne étude de la société suédoise en plus. Une nouvelle réussite pour Viveca Sten !