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Zoom sur "La sage-femme de Norolani" de Bibbiana Cau

En Sardaigne, l’année 1917.

Bibbiana Cau est Sarde. Elle est née en Sardaigne, vit encore en Sardaigne où elle a exercé de longues années le métier de sage-femme. Vous l’avez compris, son travail l’a passionnée et lui a donné l’idée de ce premier roman qui est un best-seller en Italie. Précisons qu’elle ne raconte pas sa vie, ni même l’année 1917 dont elle parle ici. Elle a fait de très grandes recherches sur ce début du XXe siècle et cette période de la Première Guerre mondiale qui a touché tant de pays en Europe, dont l’Italie, bien sûr.                                                                                                              Elle a créé la petite ville de Narolani, en Sardaigne, et a inventé des personnages qu’elle a su rendre réels, conformes à l’époque. Le titre original de ce roman est « La Levatrice » que nous traduisons par sage-femme.

Tout commence d’ailleurs par un accouchement, en septembre 1917. Un accouchement difficile et Mallena, c’est son prénom, est venue accompagnée de sa fille Rosa pour aider la jeune mère à mettre au monde des jumeaux. Nous n’entrerons pas dans les détails, vous les connaîtrez en lisant. Ce qu’il est important de savoir c’est que, des années auparavant, Mallena devait épouser un homme beaucoup plus âgé qu’elle et qu’elle s’est enfuie avec son futur mari le jour du mariage prévu. C’est une énorme faute pour l’honneur (et l’orgueil !) de l’homme éconduit qui l’a fait rechercher. Cependant, les deux amoureux sont partis très loin et se sont réfugiés à Norolani où ils se sont mariés et ont fondé une famille. La vie est dure, les gens sont pauvres. Mallena s’occupe des femmes enceintes mais elle n’est pas payée car elle n’a pas de diplôme. On la remercie avec un peu de nourriture, des petits cadeaux pour les enfants, enfin presque rien.

Et puis la guerre arrive et son mari est mobilisé. Il écrit quelquefois et Rosa lit le courrier, car Mallena ne sait pas lire. Il revient, terriblement blessé et ne s’en remettra pas. C’est le 23 décembre 1917.  Bien sûr cela dure plus longtemps grâce aux retours dans le passé, grâce aux pensées et aux descriptions de la vie quotidienne.

Ce qu’a voulu faire Bibbiana Cau, c’est nous raconter l’histoire de ces femmes ordinaires totalement oubliées alors qu’elles ont su faire preuve d’un très grand courage. C’est aussi une page d’Histoire, celle du début du XXe siècle et l’on se rend compte que bien des sujets évoqués, importants et graves sont toujours d’actualité. L’écriture est fluide. C’est émouvant, touchant et profondément humain. Une auteure à découvrir !