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Zoom sur "A Dieu vat" de Jean-Michel Guenassia

Etes-vous prêts à virer de bord et à aller droit devant ?

 

Le Club des incorrigibles optimistes, La Vie rêvée d’Ernesto G., Les Terres promises, de grands romans signés Jean-Michel Guenassia qui est un conteur hors pair et sait nous emporter dans des histoires qui ont du souffle. A Dieu vat, donc, et embarquons.

Nous sommes après la guerre de 14, en 1924, quand Irène, serveuse, rencontre Georges, le presque sosie de Rudolph Valentino. Ils auront 4 filles. Seule, l’aînée, Arlène, en dépit du manque d’argent et des difficultés pour les femmes d’accéder aux études, veut sortir de sa condition. Georges meurt sur le front pendant la Seconde Guerre mondiale, mais Irène, sa femme, reste dans le déni, ce qui créera d’énormes problèmes.

Arlène fait partie du carré magique. En effet, sa mère Irène, devient la couturière, la dame de compagnie et l’amie de Madeleine, épouse d’un officier sorti de Saint-Cyr et mère de Daniel. Nous sommes dans la haute bourgeoisie et l’argent ne manque pas tout comme chez Jeanne, amie de Madeleine, et mère de jumeaux : Marie et Thomas. Les quatre enfants sont inséparables et ce sont eux le carré magique. Ils vont ensemble passer les deux mois d’été à Dinard. Amours, drames, esprit de vengeance, dans un siècle de trois guerres dont celle d’Algérie, de bouleversements sociaux et de politiques diverses. Tout le long du livre la tension monte. Daniel a un fils pour lequel sa mère, Marie justement, prend toutes les décisions et Arlène a elle-même un garçon qu’elle n’élève pas, trop prise par ses ambitions personnelles. Elle sera d’ailleurs l’une des premières femmes ingénieurs atomiques de France. Les deux garçons, d’une autre manière bien sûr, subiront les contre-coups de ce qu’ont vécu leurs parents. Le carré magique n’a pas créé que de la magie.

Il est impossible d’éviter de parler de l’Algérie et de la guerre d’Indépendance, mais surtout des lancements de bombes atomiques, à 2000 km au sud d’Alger, dont certains ont été catastrophiques et tenus secrets pendant plus de 40 ans.

C’est une épopée menée tambour battant et le lecteur est tenu en haleine jusqu’au bout, tant les personnages fictifs sont tout à fait crédibles sur ce fond réel que fut le XXe siècle.

Toujours ce style fluide de Jean-Michel Guenassia. C’est enlevé, on ne quitte pas sa lecture et l’on regrette de devoir débarquer. A Dieu vat et bravo pour cet excellent roman !